Est un pays en grande mutation. Tiraillé entre un mode de vie occidental dans les grandes villes et traditionnel et rural à l'intérieur du pays. Mohammed VI, depuis son accession au trône, donne des signes forts en faveur des populations rurales et de la condition féminine.
- Electrification de villages, construction d'écoles et collèges mixtes dans les douars et oasis les plus isolés.
- Ecole obligatoire de 6 à 15 ans.
- Réforme du code de la Famille où la femme est enfin reconnue majeure.
- Liberté d'expression en progression.
- Lutte contre la corruption.
Résolument tournée vers les valeurs démocratiques, la volonté est réelle de concilier modernité et religion, progrès et respect des traditions.
Le Maroc, voisin de l'Europe, doit être soutenu dans sa démarche, pour un rapprochement mutuel, pacifique et enrichissant.
L'éducation au Maroc :
Un marocain sur deux de plus de 10 ans, donc en âge de lire et écrire, est analphabète. C'est le constat qui a amené le souverain marocain, en 2000, à inscrire la lutte contre l'analphabétisme et la promotion de l'éducation non formelle parmi ses principales priorités pour la décennie 2000-2010, et en particulier pour la tranche 10-45 ans, en priorité pour les filles, statistiquement plus touchées. L'objectif est d'amener le taux d'analphabétisme à 20 % en 2004, et proche de 0 à l'horizon 2015.
Depuis 2002, l'école est obligatoire et gratuite pour tous les enfants de 6 à 15 ans. Mais les écoles toutes neuves ne profitent pas encore à tous, et la situation est plus critique dans certaines régions.
Parce que dans les campagnes, de nombreux obstacles empêchent un enfant d'aller à l'école : école trop éloignée, pas de budget pour les fournitures, nécessité de faire travailler l'enfant pour aider la famille à vivre...
C'est pourquoi, aux efforts de l'Etat pour donner à tous accès à l'éducation, s'ajoutent ceux de la société civile marocaine et des organismes de solidarité internationale.
Survie de la famille
C'est sans doute le premier obstacle, le plus infranchissable : la famille a besoin du travail de l'enfant pour vivre.
Le problème du coût de la scolarité est également un frein : même si l'école est gratuite, de nombreux parents ne peuvent acheter les fournitures scolaires, trop nombreuses et coûteuses à leurs yeux. Dans beaucoup d'écoles, on donne gratuitement des cahiers aux plus démunis.
Une heure de marche
Dans les campagnes marocaines, les douars sont très dispersés. Pour certains, l'école la plus proche est à une heure de marche. On comprend que ce qui peut être fatigant au printemps ou à l'automne avec de mauvaises chaussures sur un sentier parfois caillouteux, devient insupportable avec le froid de l'hiver, ou la chaleur étouffante de juin. Partir de nuit, arriver en classe déjà fatigué, devoir tout apprendre d'une langue que l'on ne connait pas (l'arabe, pour les Berbères), et que ses parents ne pourront partager, on comprend que certains enfants abandonnent après quelques semaines.
Ici et là, à l'initiative des associations de villages, on a mis en place un bus scolaire ; un progrès encore trop rare, car bien trop coûteux. Ailleurs, on crée des classes improvisées, réunissant quelques élèves de douars isolés.
Le problème s'accentue quand l'enfant arrive au collège : l'établisssemnt est souvent encore plus éloigné, et les parents, réticents à envoyer leur enfant encore bien jeune, si loin. Certains collèges ont un foyer d'accueil. L'excellent documentaire "Maroc, l'école en marche" de Benoît Califano (diffusé en Mai 2004 sur France 5) montre ces femmes berbères du Moyen-Atlas, satisfaites du foyer du collège à 1h30 de leur village : leurs filles s'y sentent bien, en sécurité. Le reportage montre aussi la situation d'un père dont le fils, à la sortie de l'école, se retrouve parfois "coincé"par la crue de l'oued qui sépare l'école de sa maison, et ce père doit alors crier par-delà la rivière, pour demander à quelqu'un d'héberger son rejeton pour la nuit...
L'école...pour quoi faire ?
L'enfant scolarisé manque déjà à la famille, pour les travaux agricoles. Mais en plus, les parents, souvent analphabètes, se demandent parfois à quoi peut bien servir cette école; "Pourquoi j'emmènerais mon fils à l'école si, après ses études, il n'a pas de travail ?" .
Parfois, les pères s'opposent aussi à ce qu'un instituteur fasse l'éductation à leurs filles. Scepticisme, méfiance, l'éducation est aussi à faire auprès des parents, dont le rôle, dans la progression scolaire et sociale de l'enfant, reste fondamental.
