Les
berbères sont un peuple autochtone d’Afrique du Nord. Ils sont répartis sur
près de 5 millions de kms carrés, depuis les îles Canaries jusqu’à l’ouest de
l’Egypte, en différents groupes de culture et de langue commune (le berbère ou tamazight),
déclinée en dialectes locaux.
Les
Berbères sont également et largement représentés dans les populations issues de
l’immigration vers
Les
Berbères se désignent d’abord par leur ethnie : Kabyles, Rifains,
Touaregs, etc. Avec l’émergence du mouvement Berbériste, certains néologismes
ont vu le jour, l’un pour désigner l’ensemble des ethnies berbères « Imazighen »
(le pluriel d’ »Amazigh », qui signifie « hommes
libres », et l’autre « Tamzgha » pour désigner l’espace
géographique nord africain. Ces néologismes se sont généralisés et ont été
adoptés par les Berbères.
La
population totale sur le continent africain et dans les pays d’immigration est
estimée à 25 millions. Le Maroc à lui seul en compte 12 millions, l’Algérie 8
millions 500 000.
Leur
religion, à l’origine animiste, se répartit dans l’islam, le christianisme et
le judaïsme.
La
question de l’origine des Berbères a fait couler beaucoup d’encre. Dés
l’Antiquité, les historiens se sont penchés sur l’histoire des Berbères.
Aujourd’hui encore, la question des origines est au cœur de débats passionnés,
nourris par le conflit actuel entre, les militants de la cause identitaire
berbère qui s’appuient sur les recherches scientifiques modernes, d’un côté, et
leurs opposants qui se basent sur les récits de l’Antiquité et du Moyen Age, de
l’autre.
La
science a fait beaucoup de progrès ces dernières années, notamment en
génétique : les tests ADN effectués sur les différentes ethnies d’Afrique
du Nord (Berbères et Arabes) ont permis de confirmer que les Nord Africains
sont de souche majoritairement berbère, mais infirment la théorie selon
laquelle les Berbères viendraient du Yémen.
La
génétique, l’anthropologie, l’étude linguistique nous apprennent que le
peuplement de l’Afrique du Nord a commencé il y a déjà 30 000 ans, c’est à dire
bien avant que les peuples du Moyen Orient ne parlent une langue sémitique, ou que
les Perses, les Indiens et les Européens ne parlent indo-européen.
Au Paléolithique, vivait l’homme de Taforalt et celui d’Afalou : ils étaient de type « cromagnoïde » Des tests génétiques sur les squelettes de Taforalt ont confirmé l’origine ouest-eurasienne de ce type anthropologique.
Au
Néolithique, l’Afalou fut remplacé par le capsien de type
« méditerranoïde » venant de l’est de
Histoire
Le
nom de « berbère » est issu de barbarus, donné par les gréco-romains
à tout ce qui n’était pas de coutumes et de civilisation gréco-romaines. Les
Romains n’ont jamais réussi à soumettre ces peuples, même après la prise de
Carthage au II siècle av. J.C, d’où leur nom.
Parmi
quelques grands noms de l’histoire antique amazighe, on peut citer :
Mesnsen (Massinissa), Yugurthen (Jugurtha), Juba II, Apulée, Saint Cyprien,
Saint Augustin, Dihya (Kahena), Kuseilan.
L’époque
moderne
La
culture et les langues berbères ont survécu aux
grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VII siècle)
jusqu’à l’occupation française, en passant par la présence turque.
Cette
culture reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie
des berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande
partie du Sahara – Touaregs en Algérie, Burkina Faso, Mali, Niger.
En
1980, éclatent les manifestations du Printemps berbère, au cours desquelles les
berbérophones de Kabylie et d’Alger réclament l’officialisation de leur langue.
En
1996, une réforme de
En
2000, la chaîne Berbère Télévision commence à émettre dans cette langue depuis
Paris.
Le
17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée l’Institut Royal de
La
langue
Le
berbère (tamazight) est à l’origine une langue du groupe afro-asiatique,
représentée aujourd’hui par ses variantes parlées par les berbères. Ces
variantes sont présentes depuis les îles Canaries jusqu’à l’Egypte, en passant
par l’Algérie,
Le berbère possède son propre système
d’écriture que les Touaregs ont conservé : le tifinagh.
Le
Maroc est le premier pays berbérophone avec une estimation de 40% de
pratiquants du tamazight avec 4 variantes : le chleuh (tachelhit), le
zayane (braber), le rifain (tarifit) et le ghomara.
Le
chleuh est la variante berbère la plus pratiquée avec 8 à 10 millions de
locuteurs. C’est le dialecte parlé dans la vallée d’OUZOUD.
Il
se pourrait que le terme « Chleuh », d’origine arabe, vienne
d’achluh, qui siginifie « natte en jonc, en alfa ou en palmier »,
dont on tissait les tentes.
Leur
nom fut utilisé par Pierre Dac pour désigner les Allemands pendant la deuxième
guerre mondiale, dans sa chanson « j’vais m’faire chleuh ! ». Il
devint alors synonyme de Boches.
Il
reprenait ainsi un usage récent de l’armée française qui, après l’installation
du protectorat français au Maroc en 1911, avait dû affronter une vive
résistance des combattants marocains. Cette pacification, proche par certains
aspects d’une guerre coloniale, ne s’est véritablement achevée qu’à la fin des
années 20.
Parmi
les combattants les plus farouches, les guerriers chleuhs avaient apparemment
laissé un souvenir cuisant aux militaires français, puisque pendant deux
conflits mondiaux, leurs adversaires principaux, les Allemands, sont devenus
« les Chleuhs ».
L’IRCAM
(Institut Royal de
Le
manque d’enseignants formés à cette langue ne permet pas encore sa diffusion
dans l’ensemble du système scolaire mais la volonté du pouvoir est affirmée.
Ce
revirement de situation (durant le règne de Hassan II la langue et la culture
berbère étaient méprisées voire interdites) est probablement sous tendu par la
nécessité impérieuse, pour Mohammed VI,
de tenter de combattre l’influence de la culture arabe extrémiste, telle
qu’elle tente de s’infiltrer par le biais de l’Arabie Saoudite principalement.
Le peuple berbère pratique en effet, pour la grande majorité, un islam modéré
et est farouchement attaché à ses traditions et à ses valeurs propres. Il est
très difficilement influençable comme le démontre sa résistance à toute forme
d’assimilation.
Mais
le danger de la perte de sa référence culturelle est bien réel avec la
migration vers les villes des jeunes cherchant un travail pour survivre. Ceux
qui ont eu accès aux études supérieures, sont souvent de farouches défenseurs de l’identité
berbère. De nombreuses associations berbères sont actives sur le terrain. Elles
jouent un rôle social, d’information et de relais entre le peuple, très souvent
encore analphabète et le Pouvoir.
La
dictature de l’ancienne monarchie, le mépris et les brimades qu’ont subi le
peuple berbère durant plusieurs générations ont fragilisé la conscience de
Les berberes